Rupture du tendon d’Achille (traitement chirurgical et injection de PRP) 

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Qu’est-ce qu’une rupture du tendon d’Achille ?

Les ruptures du tendon d’Achille surviennent habituellement chez les individus sportifs ou non entre 30 ans et 50 ans. Elles surviennent généralement au cours de sauts lorsqu’une force excentrique s’exerce sur le tendon, le pied étant en dorsi flexion, soit donc à l’impulsion d’un saut (flexion plantaire contrariée de la cheville) ou à la réception d’un saut (flexion dorsale forcée de la cheville).

Le patient présente généralement une vive douleur en arrière de la cheville avec une difficulté à la marche, il a ressenti comme un coup de poignard dans sa cheville.

La plupart des blessés racontent avoir perçu un claquement soudain avec une impression de chaleur et de gonflement à l’arrière de la cheville.

Le médecin qui l’examinera pourra percevoir sous la peau une dépression en regard de la zone rompue de ce tendon.

Le tendon d’Achille est un puissant tendon qui prolonge les muscles du mollet et dont le rôle principal est de permettre de se soulever sur la pointe du pied et d’avoir donc une flexion plantaire lors de sa rupture.

Le patient présente donc une incapacité majeure à se mettre sur la pointe du pied.

Le diagnostic est souvent fait au bord du terrain soit par un médecin du sport ou même un médecin traitant. Il se base sur la dépression retrouvée dans le tendon, l’incapacité à pouvoir réaliser une flexion plantaire et le test de Thomson qui consiste à serrer le mollet et voir le pied se fléchir

Quel traitement choisir ?

Le traitement médical consiste à immobiliser dans un plâtre ou l’équivalent la cheville pendant deux à trois mois en maintenant dans un premier temps la cheville en équin puis en réduisant progressivement à 90 degrés.

Cependant la rupture itérative après ce traitement orthopédique est très importante et rencontrée dans plus de 30 % des cas.

Ce traitement orthopédique entraine aussi un allongement du cal tendineux et donne une diminution de la force donc du triceps crural entre 20 et 30 %.

Ce traitement médical sera préférentiellement réservé à un patient âgé, non sportif présentant des complications médicales.

En revanche pour tous les autres patients, en particulier les sportifs, l’opération chirurgicale devient une nécessité.

Il existe différents types de chirurgie ; soit une chirurgie conventionnelle avec une incision le long du tendon, soit une chirurgie percutanée suivie toujours d’une immobilisation au moins pendant six semaines. L’avantage d’associer la chirurgie à un traitement par injections de plasma riche en plaquettes autologues PRP est une des possibilités d’accélérer la cicatrisation tendineuse et de diminuer les complications de la chirurgie de ce tendon.

 

Comment est réalisé le traitement chirurgical avec les injections de plasma riche en plaquettes ?



Le patient est hospitalisé en ambulatoire (une seule journée), l’opération se déroulera sous anesthésie loco régionale ou générale.

Dans un premier temps, à l’aide de seringues spécifiques, on aura prélevé le sang du patient qui sera centrifugé afin d’obtenir un plasma riche en plaquettes autologues qui sera injecté en fin d’intervention.

L’incision est en regard de la rupture tendineuse. Il faut réaliser un laçage des deux berges tendineuses afin d’avoir une suture solide. A la fin, il faudra refermer la gaine du tendon de manière prudente. Avant la fermeture cutanée on pourra alors injecter une partie (2 à 3 cc) du plasma riche en plaquettes dans la cicatrisation tendineuse. Puis on réalise une fermeture cutanée  à l’aide d’un surjet intra dermique et avant de réaliser le pansement, on injectera les 2 ou 3 cc restants de plasma riche en plaquettes autologues dans la cicatrice cutanée.

Puis le patient sera immobilisé dans une botte orthopédique (figure 8) achetée au préalable immobilisant le patient dans une position à 105 degrés d’équin et maintenu dans cette botte pendant trois semaines.
Un premier pansement sera refait le lendemain de la chirurgie ; l’état cutané sera surveillé.

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Puis huit jours après, le pansement est refait et on réalise une deuxième injection de plasma riche en plaquettes autologues sous contrôle échographique dans la zone de réparation tendineuse. Une troisième injection aura lieu à J 15 afin d’accélérer la cicatrisation.

A la troisième semaine post opératoire, l’attelle sera mise en position à 90 degrés et l’appui sera autorisé.

La rééducation est commencée à ce moment là, avec un travail de récupération des mobilités articulaires progressivement.

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A la sixième semaine post opératoire, l’attelle est définitivement enlevée, le patient a  droit à un appui complet sous réserve de deux cannes anglaises durant quelques jours. Il doit poursuivre évidemment la rééducation jusqu’au 3 ème mois post opératoire.

Les reprises sportives se font en fonction du sport du patient et de sa récupération entre le 4 ème et le 6 ème mois post opératoire. 

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Quels sont les risques et les complications de cette chirurgie ?

La cicatrisation cutanée est connue pour être difficile parfois dans cette chirurgie.

L’utilisation du plasma riche en plaquettes autologues permet une cicatrisation rapide et de bonne qualité, le PRP, n’entraîne pas de problème cutané.

Les infections nosocomiales, inférieures à  1 %.

L’hématome post opératoire est extrêmement rare. Toutes les complications vasculo nerveuses sont exceptionnelles dans cette chirurgie.

La raideur articulaire et l’amyotrophie musculaire, connues dans les suites post opératoires de cette chirurgie, sont rares grâce à l’utilisation du plasma riche en plaquettes autologues PRP qui permet un appui et une rééducation précoces évitant ces complications.

Quels sont les résultats attendus de cette opération ?
Moins de 5% de récidive de la rupture

Depuis que le Dr Christophe CHAROUSSET associe la suture chirurgicale avec trois injections de plasma riche en plaquettes autologues PRP, (1 pendant l’opération et 2 autres à 8 et 15 jours post opératoires), il n’y a pas eu de rupture itérative.

Les délais de reprise des activités sportives sont très variables en fonction du patient, de sa pratique sportive et de son niveau.