chirurgie de l'épaule par le chirurgien orthopédiste Christophe Charousset à Paris 8
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Les fractures de l'épaule

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Sommaire
1-Pourquoi est-on victime d'une fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus ?
2-Quels sont les signes d'une fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus ?
3-Comment traite-t-on ces fractures ?
4-Peut-on retrouver une fonction normale après une fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus ?



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-Pourquoi est-on victime d'une fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus ?

Les fractures d’épaule, notamment les fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus, sont des fractures fréquentes, notamment chez la femme après 50 ans.

Ces fractures sont liées à l’appauvrissement de l’os : l’ostéoporose.

L’ostéoporose est souvent responsable d’autres fractures (poignet, col du fémur, cheville, tassement vertébral) et touche préférentiellement les femmes post ménopausées. Ce phénomène, associé à une chute sur l’épaule, est souvent à l’origine d’une fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus.

Les fractures peuvent aussi survenir dans un contexte de traumatisme violent (accident de sport, accident de la voie publique), elles touchent alors plus souvent l’homme jeune.

(Exemples de fracture simple jusqu’à une fracture complexe).

 

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2-Quels sont les signes d'une fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus ?

La douleur est intense, lever le bras ou l’écarter du corps est impossible. Un hématome peut apparaître secondairement sur le devant de l’épaule et diffuser jusqu’au bras et au thorax. Il n’a pas de caractère de gravité quand il apparaît en 12 à 24 heures et qu’il diffuse lentement sans autre signe clinique : il ne fait que traduire le saignement lié à la fracture osseuse. Très rarement, mais votre chirurgien le recherchera toujours, la fracture peut comprimer un nerf du membre supérieur ou une artère, et entraîner une paralysie ou un défaut d’apport sanguin du membre supérieur : l’hospitalisation et le traitement en urgence sont alors nécessaires.


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-Comment traite-t-on ces fractures ?

A-Fractures simples

Ces fractures sont souvent simples (2 fragments), peu déplacées et traitées par une attelle coude au corps, que l’on garde de 1 à 3 semaines, en fonction de l’âge et de l’importance de la fracture. Des radiographies avec consultation de votre chirurgien sont nécessaires à intervalles réguliers afin de dépister un déplacement de la fracture qui pourrait alors nécessiter un autre type de traitement.

La rééducation est indispensable et doit être prolongée, souvent de 3 à 6 mois, avant de pouvoir récupérer une épaule fonctionnelle et indolore. Elle débute en fonction de la nature de la fracture, rapidement ou après l’immobilisation.

Dans les fractures simples, il n’y a souvent aucune séquelle et la fonction est récupérée sans difficultés.

 

B-Fractures complexes

Lors de fractures plus complexes (3 fragments et plus) et/ou très déplacées, un traitement chirurgical peut être indiqué. Le traitement s’adapte d’une fracture à l’autre et dépend beaucoup de la complexité du déplacement de la fracture et de l’âge du patient. Plus la fracture est complexe, plus il est difficile de l’analyser sur des radiographies simples. Votre chirurgien vous prescrira alors un scanner qui lui permettra de mieux analyser le nombre de fragments et le déplacement de chacun des fragments, afin de choisir le meilleur traitement pour chaque type de fracture.

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Quels traitements chirurgicaux peut-on utiliser ?

1-LES PLAQUES VISSEES

Elles sont surtout utilisées pour les fractures chez le patient jeune. Certains modèles, développés récemment,  sont destinés au patient plus âgé, leur emploi doit être bien codifié. L’ablation du matériel est rarement nécessaire au-delà de 50 ans ; avant 50 ans  l’ablation est souhaitable.
 

2-LES CLOUS

Ils sont placés à l’intérieur de l’os, en association avec des vis et très utiles chez les patients âgés, car leur tenue est meilleure que les broches et les cercles simples ne nécessitant pas un abord chirurgical trop extensif, contrairement aux plaques qui nécessitent  d’exposer toute la fracture pour  effectuer la fixation. Cela permet de diminuer les lésions du tissu autour de l’os (le périoste) créées par un abord direct, lésions qui peuvent être défavorables à la consolidation. Ils sont particulièrement utiles dans les fractures (2 fragments) déplacées du patient âgé

3-LA PROTHÈSE D’ÉPAULE POUR FRACTURE

Elle est très utilisée dans les fractures complexes. Il existe un risque de déplacement secondaire et de nécrose osseuse par disparition de l’apport vasculaire après la réalisation d’une ostéosynthèse. Contrairement au système d’ostéosynthèse, la prothèse humérale ne conserve pas l’os de l’extrémité supérieure de l’humérus, mais en remplace une grande partie par un élément métallique (la prothèse), qui est cimentée dans l’humérus.

Les nouvelles prothèses mieux adaptées à la morphologie de l’épaule, comme la « prothèse inversée », permettent d’obtenir des résultats très satisfaisants sur la douleur mais aussi la mobilité et la force.

 

Toutefois, quel que soit le modèle utilisé, l’immobilisation est variable de quelques jours à 3 semaines, en fonction de la stabilité du montage chirurgical et la rééducation est longue (6 mois, parfois plus).

Le résultat dépend beaucoup de la qualité de l’os mais surtout de l’expertise du chirurgien, il doit connaître parfaitement ce type de fracture et en opérer plus de 10 par an, afin que la pose de la prothèse soit optimale par rapport à l’os, position qui conditionne le bon résultat final.

 

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4-Peut-on retrouver une fonction normale après une fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus ?

C’est le but de tout traitement !

Néanmoins, tout dépend de plusieurs facteurs :

  • la complexité de la fracture ;
  • l’âge du patient ;
  • la capacité du patient à se prendre en main et à assumer une rééducation post-opératoire longue et parfois fastidieuse, mais totalement indispensable ;
  • la dextérité du chirurgien qui doit être spécialiste de ce type de fracture


La réunion de ces facteurs favorables permet de récupérer une épaule normale, mobile sans douleur, avec une force permettant les gestes de la vie quotidienne, du travail et des loisirs. Si un seul de ces facteurs est gravement déficient (fracture très complexe, patient très âgé, incapacité à comprendre et à suivre la rééducation post-opératoire, chirurgien "non spécialiste"), l’épaule sera peut-être indolore, mais sera rarement normale en terme de mobilité et de force.


En conclusion, ces fractures sont complexes, depuis la fracture très simple qui consolidera en 3 semaines d’immobilisation, jusqu’aux fractures les plus complexes qui nécessitent la mise en place d’une prothèse et une longue rééducation. Votre chirurgien saura apprécier la gravité de la fracture et vous orienter vers la thérapeutique adaptée.